
Aïe, ça fait mal !
Osgood, le malheur du jeune sportif
« Je doute de moi. Je manque d’assurance. J’ai peur de l’échec. Il y a des soirs où je me pointe à la salle et je suis là, « mon dos me fait souffrir, mes pieds me font souffrir, mes genoux me font souffrir ». On doute tous de nous. On ne le nie pas. Mais ce qu’il faut, c’est ne pas capituler. »
— Kobe Bryant.

Voilà, je déteste ça. Être blessé. Syndrôme d’Osgood-Schlatter. Les genoux douloureux au point de ne pas pouvoir ni courir ni sauter.
Tout commence en mai dernier, en match, je commence à ressentir une petite pointe, comme une aiguille au genou, sous la rotule. D’abord une simple sensibilité, un agacement. Puis au fil des minutes, l’intensité monte sur les sauts, les courses. Je boite. Aïe. Remplacement.
Au fil des jours suivant, le constat s’impose. Plus possible de continuer à m’entraîner plus de 15 minutes sans ressentir cette douleur, et aux deux genoux cette fois. Le bilan chez le médecin est difficile à entendre, après une radiographie le verdict tombe. Repos complet, plusieurs mois sans sports pour permettre à l’inflammation de guérir. Osgood-Schlatter c’est ce mal traitre et sournois qui touche le jeune sportif en pleine croissance.
J’ai grandi de 11 centimètres depuis janvier dernier. C’est génial pour un basketteur de savoir qu’on grandit si vite. Oui mais ! Les os poussent plus vite que les tissus. Résultats, les tendons tirent sur leurs attaches osseuses, et sous le genou, le petit Osgood te dit « Eh oh ! pas si vite, j’ai pas fini ma croissance ! »
Le traitement ? La patience, patience, patience, PATIENCE, PAAAAAATIEEEEEENNNNCEUUUH… Frustant, rageant. Impuissant. Déprimant. C’est dur de voir les copains, les coéquipiers s’entraîner, jouer… depuis les tribunes.
De la glace sur les genoux aussi. 30 minutes. Plusieurs fois par jour. Du repos…. J’en suis à 4 mois déjà. Il y a parfois du mieux, on croit qu’on y est, que c’est bon, allez, retour sur le parquet pour une séance de tirs. Et puis, non. La douleur est toujours là. De la glace. Je meuble autant que possible ce manque de compétition. Heureusement, ma famille est de bon conseil et un soutien fiable. En fait, blessé, il faut imaginer la guérison et préparer son corps pour que le retour à la compétition soit moins difficile. Mes jambes sont au repos ? Mon père m’a acheté un pédalier pour « faire du vélo » avec les bras. C’est bon pour le cardio. Je fais aussi des séances de tirs près du panier. Sans sauts et donc en laissant les genoux « au repos ». Mon père me prend les rebonds, c’est génial parce qu’ainsi, je ne bouge pas de mes spots et sollicite moins mes genoux.
Mais quatre mois c’est très long. Le train passe et je ne suis pas encore dedans. Patience. Osgood-Schlatter, ce mot me donne des cauchemars. Mon médecin apparait pourtant assez confiant. on touche au bout, dit-il. Mais moi je ne sens rien venir. Je m’impatiente alors il me parle de plâtrer le genou quatre semaines pour l’immobiliser et permettre à l’inflammation patati-patata… Il y a aussi le traitement PRP (plasma riches en plaquettes). On prélève mon sang, on le centrifuge pour extraire le plasma et on pique le genou avec pour l’y injecter. Quatre semaines de repos et hop, lève toi et cours Adrien ! Je crois que je vais d’abord essayer la mésothérapie. Tant qu’à faire. Et puis la glace. Et puis, la patience…
Bon sang, quand je vais reprendre pour de bon, garer vous de mon chemin ! Parce que j’aurai faim, parce que j’aurai grandi et dans mes baskets et dans ma tête !
Quand on revient de l’enfer, on est chaud bouillant !
Le travail continu.